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Qu’en est -il d’un défunt porteur d’ un nano pacemaker ?

Les avancées en technologie ont provoqué un changement remarquable dans le secteur de médecine. Le nano pacemaker, le plus petit stimulateur cardiaque du monde est une technique révolutionnaire permettant de réduire les complications tout en améliorant la durée de vie des patients cardiaques. Ce dispositif doit être enlevé en amont des funérailles afin d’éviter les risques d’explosion de la pile pendant la crémation ou une pollution de l’environnement dans le cas de l’inhumation. Mais son extraction pose des problèmes. Explications.

Le nano pacemaker est un dispositif implantable qui envoie des impulsions électriques au cœur lorsqu’il détecte la lenteur d’un rythme cardiaque. Il se sert de la stimulation électrique pour le réguler. Le dispositif est implanté à l’intérieur du cœur et fixé à la paroi cardiaque par des petits dents ressemblant à des fils. Il est placé dans le cœur sans avoir besoin d’une poche chirurgicale ou des fils isolés. Les essais de nano pacemakers ont donné des résultats prometteurs. Le dispositif a reçu l’approbation de la FDA il y a déjà plusieurs années et s’est révélé efficace en tant qu’alternative pour la stimulation cardiaque. Pour en revenir à la législation entourant ce dispositif, l’article 2213-15 du Code général des Collectivités territoriales stipule que si le défunt portait une prothèse avec une pile, le médecin ou le thanatopracteur doit récupérer l’appareil avant la mise en cercueil.

Cette opération est souvent réalisée par l’agent de la chambre funéraire. Mais à l’heure actuelle, il n’est pas possible de retirer la pile de ce petit stimulateur cardiaque. Grâce aux avancées technologiques, les piles peuvent être réduites et placés à l’intérieur des tissus. Pour les enlever, il faut ainsi ôter le muscle. Ce qui suppose le recours à un spécialiste à la place d’un généraliste ou d’un thanatopracteur. Or, une telle intervention va à l’encontre du respect de l’intégrité de cadavre selon la loi en vigueur.

La situation constitue un problème car les autorités n’octroient pas l’autorisation d’inhumer par crainte des éventuelles répercussions. C’est ce qui s’est passé pour la famille située en région Centre qui a dû attendre l’autorisation plusieurs mois, tiraillé entre l’opérateur funéraire, le tribunal et les services sanitaires qui refusaient l’accréditation de l’inhumation de l’un de leur membre.

Les personnes subissant une intervention de nano pacemakers se comptent au nombre de 60 000 par an. C’est un dispositif fiable et solide, qui ne nécessite pas une pose compliquée et qui a un impact profond dans le secteur médical. Il n’est donc pas étonnant qu’il est de plus en plus utilisé. Cependant, si le problème de son extraction post-mortem n’est pas encore résolu du fait du retard de la loi par rapport aux progrès médicaux, son utilisation posera un problème.

Heureusement qu’il y a une évolution de la situation. Suite à la publication d’une étude datant du janvier 2017, qui certifie la salubrité de la gamme Micra conçue par la firme Medtronic, un arrêté a revu la situation. Celle-ci autorise 6 mois pour l’inhumation et la crémation des corps équipés des stimulateurs cardiaques de cette marque à des fins de tests. Même si cet arrêté ne clarifie pas réellement la situation, il apporte un soulagement pour les personnes impliquées. Le fait est qu’il est difficile de s’assurer que la prothèse est fabriquée par Medtronic à moins que cela soit indiqué dans le dossier médical de la personne décédée et inscrite sur son certificat de décès. Et son médecin traitant doit aussi avoir le réflexe de noter ce détail à moins qu’il n’écrive pas non plus une fausse information.
Pour conclure, les opérateurs funéraires sont encore sceptiques devant cette avancée dont ils connaissent les limites et les éventuels problèmes lors de l’extraction après la mort.

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